06.– SILENZIO

Pur moment de silence
Un apaisement de colline toscane

Silence en toi
Révoltes devant les injustices du monde
Un temps suspendues
Tes furieuses rancunes apaisées
Les écorchures pansées
Les blessures refermées
Les plaies cicatrisées
Le pardon enfin accordé
Les passions refroidies
La chair enfin tranquille

Silence au dehors
Le monde a cessé ses vains bavardages
Sur les grippes tueuses
Cessé ses bredouillements
Sur le monde uniformisé de demain
Tu es comme devant cette fontaine d’eau claire
Dans le village italien silencieux, comme mort
Avec la brume qui se lève sur le lac

Moment inestimable de paix
Sérénité acquise à force de volonté
De lâcher-prise en soi
Le feu a cessé de brûler
Ne reste que la suie dans l’âtre
Ne reste que la vie dans l’être
Ton être
Tu penches ton épaule sur l’éternité
Tu entends le bruit du rideau
Qui glisse sur sa tringle de métal
Tout à côté
Dans la chambre aux couleurs pastel
Tu regardes comme ébloui
Le cristal de ton verre d’eau
En songeant au mercure
Et au plomb changé en or
Tes larmes ont fini de ruisseler
Sur les chagrins d’hier
Les alarmes ne sonnent plus
Avec leur stridence qui faisait bondir ton coeur
Tu es béat dans les méandres
De ta pensée vagabonde
Tel l’idiot, l’imbécile heureux
Qui, dans le village aux pierres orangées
Avant de retrouver son mutisme radieux
Entre sans but dans les commerces
Ou échange trois mots avec les petits vieux
Assis devant leur porte

Un pur moment de silence comme un accident
Comme un mirage, comme une erreur

Silenzio

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