92. — De l’enseignement

L’enseignement n’est pas un métier, c’est une vocation. Il exige de la rigueur et ne va pas sans une certaine austérité. Or, c’en est bien terminé de l’exigence de rigueur et des conditions austères qui longtemps assurèrent un enseignement robuste et vigoureux.

Tenir compte de l’évolution de la société est indispensable dès lors que l’on veut comprendre un tant soi peu pour quelles raisons on ne peut plus guère s’appuyer sur des piliers que l’on pensait immuables.

C’est que l’éducation parentale a changé, le rapport enseignant / enseigné également. Des enfants d’une espèce plus libre que par le passé, à qui les repères manquent ou à qui l’on en a proposé d’exagérément assouplis, ne sont plus aptes à accepter un enseignement rigoureux dispensé dans cette ambiance austère qu’exige toute transmission du savoir – dès lors que l’on a décidé de ne pas avoir recours exclusivement au ludique. Le rapport professeur / élève, quant à lui, s’est également modifié, se faisant plus fraternel, accompagnant en cela les changements sociétaux. L’enseignant cherche désormais à comprendre les difficultés de l’apprenant, il l’aide à les surmonter, son rôle glissant parfois, cela n’est pas rare, vers celui d’assistant social.

Mais il y a plus grave : l’idéologie tueuse de toujours, en perpétuelle effervescence dans les bureaux ministériels, a conduit à des absurdités et à un nivellement par le bas proprement scandaleux. Citer ces absurdités serait fastidieux, tant elles sont nombreuses Des mesures plus dévalorisantes les unes que les autres, mûries par de hauts fonctionnaires et autres conseillers techniques qui, en même temps qu’ils rabaissaient le niveau général des futures forces vives du pays, inscrivaient leurs propres enfants dans les écoles de France les plus élitistes et les plus prestigieuses qui soient.

Il est des erreurs et des aberrations de l’histoire, des errements et des incohérences politiques qui ne vont pas sans faire naître dans l’esprit le plus tolérant et la personnalité la plus douce des envies d’implacables sanctions, d’impitoyables châtiments.

One Comment

  1. Bernard C.
    Bernard C. 5 juin 2018 at 15 h 11 min . Reply

    Je pense que la massification scolaire n’est qu’un prétexte pour baisser la qualité de l’enseignement pour le plus grand nombre car le système a surtout besoin de gens malléables, adaptables ( on fait donc le forcing sur l’éducation aux TIC et sur la
    fumeuse citoyenneté ).

    Mes expériences dans le 93 (entre autres) me permettent encore d’espérer d’autres choix dans le système éducatif.

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