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  • 104. — D’une sombre et lucide perception

    104. — D’une sombre et lucide perception

    « Solitaire, misérable, dangereuse, animale et triste », ainsi Thomas Hobbes voit-il la vie humaine (Le Léviathan). Solitaire. – On naît seul et dans un cri, qui n’est pas vraiment de joie. Déjà la souffrance ? Durant notre vie, l’amour de l’autre nous accompagne, certes, comme, de même, nous accapare un métier (au mieux une vocation). Mais au…

  • 103. — D’une déshérence

    103. — D’une déshérence

    Simon Deluc, Jeanne Sicard, Pierre Viéra, Michel Reynaud… Des noms sur les tombes d’un cimetière oublié, dans l’un de ces villages dépeuplés du milieu des terres. L’herbe pousse dans le domaine des morts et nul ne semble songer à l’ôter. La lourde porte de la petite église toute proche semble fermée à tout jamais. Plus…

  • 102. — De la censure

    102. — De la censure

    A l’évidence, l’on devrait pouvoir s’enrichir de l’opinion contraire à la nôtre, même si elle est parfois difficile à entendre – pire encore à accepter –, même si elle excite nos nerfs et fait parfois monter en nous de dangereuses tensions. Certes, l’opinion opposée peut naître d’une telle indigence de pensée, de culture et de…

  • 101. — D’un amoureux de la poésie

    101. — D’un amoureux de la poésie

    S’il est un homme qui vécut pour et par la poésie, c’est bien Bernard Delvaille (1931-2006). Cette passion s’exprima dans ses propres recueils, certes (il sont désormais rassemblés en un volume), mais aussi dans les critiques qu’il consacra, ici et là, aux œuvres des autres, notamment celles qu’il livra, durant plusieurs décennies, au Magazine Littéraire.…

  • 100. — De la solitude

    100. — De la solitude

    Les poètes, dans leur façon d’exalter la solitude, pourraient donner à penser qu’elle ne possède qu’une unique forme – plaisante dans une sorte de jouissive mélancolie. Or la solitude n’est pas une, elle est multiple. Ou pour le moins, triple : existent la solitude souhaitée (ou heureuse), la solitude subie (ou malheureuse), et la solitude nietzschéenne…

  • 99. — D’une passion pour la littérature étrangère

    99. — D’une passion pour la littérature étrangère

    Qu’il fut et demeure un passionné de Malcom Lowry (il lui consacra un essai en 1979) pourrait suffire à nous faire regarder Tony Cartano avec sympathie. Qu’il garda aussi – et garde encore – un œil attentif sur la littérature latino-américaine, rajoute à sa singularité. C’est ainsi que son intérêt pour une littérature autre, conduisit…

  • 98. — Du rêve

    98. — Du rêve

    Il est des rêves éveillés terriblement destructeurs : celui de la shampouineuse de Clermont-Ferrand qui se voit star de cinéma ; celui de l’apprenti-carrossier qui se voit chanteur adulé ; celui du député de la Lozère qui se voit ministre ; celui de l’écrivaillon du Lot-et-Garonne qui se voit couronné du Goncourt. Mais foin de la dérision. Délégations viennoises,…

  • 97. — D’un dandy rouge

    97. — D’un dandy rouge

    En cimaise, dans son Panthéon personnel, il plaçait Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclau et Les Pléiades de Gobineau. Quant au style, semblable en cela aux Hussards de l’autre bord, Stendhal était son modèle. Il se nommait Roger Vailland (1907-1965) et sa nature le dirigeait dans trois directions. Le journalisme d’abord (il collabora entre…

  • 96. — De nos premières adolescences

    96. — De nos premières adolescences

    Reconnaissons-le dès l’abord : les temps étaient favorables. Favorables aux adolescences heureuses, pourvu que le milieu familial s’y prêtât, bien sûr. Car nos repères, alors, étaient d’airain, nos valeurs indéracinables (on les pensait telles du moins), nos modèles pétris de culture. Cette première adolescence, qui tant et tant obséda Vialatte (Battling, La complainte des enfants frivoles……

  • 95. — D’une esthétique glacée

    95. — D’une esthétique glacée

    Il est des films qui fascinent. Porteurs d’une magie, ils traversent le temps. C’est le cas de celui de James Ivory, Les vestiges du jour (1994), adaptation fidèle du roman éponyme de Kazuo Ishiguro. L’époque évoquée : les années 30. Le milieu : l’aristocratie anglaise (Darlington Hall). Les personnages : Lord Darlington, sommité douteuse qui œuvre au rapprochement…