De la disparition programmée de l’humanité

L’homme est devenu spirituellement stérile ; quelquefois, tellement stupide qu’il n’évalue même pas son ridicule, incapable de le soupeser. La vie de l’esprit, si lointaine, lui est étrangère, pour ne pas dire inconnue… Le pauvre hère s’abîme alors dans la superficialité des nouvelles technologie (dont, certes, nous admettrons que toutes ne sont pas à rejeter), des écrans plats géantissimes, des compétitions sportives mondialisées, des séries et autres pellicules amerloques, le tout mis en place par des pseudo-élites afin que le plus gros du peuple oublie l’essentiel ou s’en détourne.

Bref, il faut désormais en convenir : la présence de l’humain sur terre n’est en plus rien indispensable. D’autant que l’homme a détérioré la planète à un tel point qu’il nous est impossible d’imaginer cet état de délabrement réversible. Difficile désormais de rêver à un beau paysage de campagne : s’y promener sans risques  est devenu miraculeux (souces médicales oncologiques) pour ne pas dire impossible. La maladie environnementale est là, à l’affût ; mêmement les perturbateurs endocriniens. Insecticides, pesticides, engrais, herbicides, fongicides tuent à petits et grands feux : l’agriculteur, le viticulteur, mais aussi l’amateur de running et le simple promeneur. Les générations à venir sont par avance condamnées. Les effets se font déjà sentir plus que de raison. La plupart du temps ils sont tus, pour la tranquillité du plus grand nombre.

Les responsables, par exemple dans la structure européenne, existent et semblent intouchables : l’Engeance (les technocrates, les « commissaires » – vocable tellement expressif !). L’Engeance qui continue, sous la pluie de confortables enveloppes généreusement distribuées, d’autoriser l’utilisation de ces produits qui condamnent l’humanité (nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits enfants) aux leucémies, aux cancers et autres maladies non encore identifiables.

Pour toutes ces raisons, nous pouvons annoncer sans grands risques d’erreur, que la disparition de l’humain, toute proche, ne sera pas une tragédie. L’homme n’a rien fait de positif pour cette planète et il n’a plus rien à y faire de bon. Le positif, qu’était-ce ? User des moyens de l’améliorer, de la valoriser, de la rendre plus belle qu’elle n’était.

L’homme va disparaître. Sans doute était-ce son destin ? N’en ressentons pas d’amertume, n’en ayons aucun regret. Il ne mérite pas autre chose. Un point positif cependant : la nature, au plus mal que l’humain va la laisser, toujours se régénérera – même si cela prend des milliards d’années. Au contraire de l’homme, dont la fin ne connaîtra nul réveil.

3 Comments

  1. Sylvain Fourcassié
    Sylvain Fourcassié 7 février 2017 at 16 h 12 min . Reply

    Il faut être fortiche en arithmétique (captcha), pour déposer ceci : relire, avec une sombre délectation, « Le bréviaire du chaos », d’Albert Caraco.

  2. Favrit
    Favrit 16 février 2017 at 23 h 35 min . Reply

    C‌araco, tu ne m’encourages pas à le fréquenter. Car ce que j’avais pu en lire ne m’avait pas enchanté. Propos d’un neurasthénique…
    P‌essoa, autre neurasthénique, c’est le poète qu’il est intéressant de lire. Au moins la compilation « Le gardeur de troupeau », parue en Poésie-Gallimard. Vraiment bien.
    « Le Livre de l’intranquillité  » m’est tombé des mains. A oublier.
    Pessoa a eu une vie étriquée, pas très intéressante. Problème de communication avec les femmes… Il s’est réfugié dans l’écriture, a utilisé le procédé de l’hétéronymie, trop à l’étroit sans doute dans un seul personnage, une seule façon « d’être au monde ».
    Mort alcoolique à moins de 50 ans, comme Kerouac.

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