De la famille

La notion de la famille déborde de toutes parts et d’abord en littérature : du « Familles, je vous hais ! », de Gide, à la geste mauriacienne où, plus qu’ailleurs peut-être, on peut observer les complexités de tous ordres liées au cercle familial, les références à la famille abondent.

Il est rare que la famille, en ses assises, soit stable, l’hérédité jouant son rôle, toujours déstabilisant, pour ne pas dire perturbateur. Et que dire de ces mères, certes adorées de leur petit garçon, mais castratrices et possessives, au point de contribuer à orienter leur sexualité (Gide, Green…).

La plupart du temps, la cellule familiale est génératrice de tensions, sinon de conflits. Il est rare que l’équilibre fasse loi ; que, toujours, la parfaite harmonie règne au sein du cercle familial.

Quelquefois, la famille est carrément destructrice. Parents porteurs de lourdes tares, mal préparés, aussi, peut-être, mais aussi, sans doute, intellectuellement carencés, sans aucune base concernant les principes élémentaires de l’éducation d’un enfant, privés même de cette inclination que nous pourrions qualifier d’« animale » ou d’« instinctive ». A désespérer de l’espèce.

Certains psychologues ou assimilés se saisissent avec plus ou moins de bonheur de ces déséquilibres, de ces « ratés » – osons les mots : de ces névroses –, et créent des concepts ( par exemple celui, on ne peut plus risible, de « résilience ») qui font le succès de leur concepteur mais portent en eux une part de mystification. Piège à gogos, chacun se débrouillant au mieux, toujours et par la force des choses, avec sa souffrance – la psychanalyse, elle, étant d’un ordre autre, supérieur dirons nous (nulle science ne s’aventura aussi loin dans la connaissance de l’être humain), et, dans certains cas (le cas de celles et ceux qui lui doivent d’être de vrais vivants), autrement respectable.

On peut fantasmer sur l’idéal familial. Et d’ailleurs, cet idéal existe : la famille unie, heureuse, rassembleuse, où l’on s’épaule sans cesse et où l’amour est roi. Idéal cependant devenu rare, en ces temps de désintégration familiale généralisée.

One Comment

  1. LABARTHE Francis
    LABARTHE Francis 24 novembre 2016 at 16 h 55 min . Reply

    Il y a sans doute une Folcoche dans chaque famille qui perturbe l’équilibre de la tribu. Une famille est un véritable clan et cette solidarité permet d’affronter le monde qui l’entoure ou plutôt la cerne avec toutes les contraintes générées par la société. La famille d’aujourd’hui est très libérale (peu ou pas d’autorité) et cela déteint hélas sur l’éducation;

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