De la télévision

La TV aurait pu constituer le plus efficace et le plus séduisant outil de connaissance qui soit ; à l’origine, tous les espoirs étaient permis ; hélas, progressivement, la gangrène s’est installée puis répandue.

Aujourd’hui, la TV n’est plus qu’un immense dépotoir, une décharge publique : déchets américains, émissions-jeux, télé-réalité, recyclage infini de vieux feuilletons, scènes de vie conjugale ou familiale, la liste serait longue de ce qui entretient la nécrose.

En outre, la lucarne provoque des dégâts, et pas les moindres : façonnage insidieux d’une pensée unique (l’Europe des financiers ne peut qu’être acceptée, elle va de soi), propagande larvée (la TV est habile à nous diriger vers ceci et à nous éloigner de cela), abrutissement généralisé (notamment par le biais des compétitions sportives — nationales ou mondialisées).

Parmi ces dégâts, l’un nécessite qu’on lui accorde une place particulière : celui que l’exposition de la violence, toujours plus outrancière, crée dès le plus jeune âge, chez l’amateur d’images — un bain dans lequel il plonge allègrement. C’est ainsi que les jeunes gens sans culture, sans réflexion et sans intelligence, en arrivent à confondre fiction et réalité — mimétisme de décérébrés.

Enfin, la TV dicte les comportements (le téléspectateur se conforme à un air du temps suggéré) et crée l’accoutumance, donc rend docile, transformant « l’abruti fidèle en fidèle abruti » (Marcel Jullian). Un abruti qui, il importe de le rappeler, est aussi un citoyen — donc un électeur potentiel.

 

Post Comment

CAPTCHA *