De l’amitié

Le désespoir commence avec l’abandon. Rien n’est plus beau, de plus riche que la solitude consentie, choisie (sur elle, Nietzsche écrivit de nombreux passages) ; rien de plus triste, de plus désolant que la solitude imposée (celle du vieillard dans le mouroir). L’être laissé seul, abandonné comme un vieux jardin, n’est plus que misère. La communication lui manque.

L’amitié entre dans l’espace communicationnel ; par nature, elle apporte richesse affective, quelquefois aide, le plus souvent réconfort.

L’amitié s’évalue toujours sur la longueur (que vaut, en effet, une amitié de trois semaines ou de trois mois, vite engloutie dans le gouffre du temps ?) ; elle inclut déception (souvent) et trahisons (parfois). On peut compter sur elle (une « solide amitié », belle expression), mais l’expérience l’apprend : à demi (« chat échaudé… »).

Point nécessaire de garder l’ami près de soi. Danger. D’ailleurs, les longues et fidèles amitiés sont toujours entrecoupées d’absences et de silences.

Que vive l’amitié qui agrémente les jours. N’en attendre cependant que ce qui entre dans l’ordre du raisonnable.

One Comment

  1. Sylvain Fourcassie
    Sylvain Fourcassie 22 octobre 2016 at 21 h 22 min . Reply

    Sagesse, cher Raymond que ces remarques qu’une langue du XIIè auraient pu inscrire.

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