De l’identité

Quelles que soient nos sympathies idéologiques, que notre culture politique soit de droite ou de gauche, que l’on se revendique anarchiste ou monarchiste, il convient parfois de dresser des constats non partisans, d’observer les faits sans parti pris, dans leur nudité.

C’est ainsi que l’on s’aperçoit que notre pays ne sait plus trop où il en est ; il semble avoir perdu (en partie tout au moins) son identité ; il se cherche, essaie de trouver sa place dans le « concert des nations » ; et, se cherchant, il se fragilise. Il semble même, parfois, avoir honte de son héritage, tentant de le dissimuler ou essayant de l’ensevelir, comme pour le faire oublier.

A l’évidence, nos gouvernants n’aident guère à consolider le socle, bien au contraire : culturellement, ils le démoliraient plutôt (amputation de pans entiers des programmes d’histoire dans les écoles, effacement des langues anciennes) ; quant à la liberté dont nous fûmes si fiers depuis les Lumières, elle ne fut jamais autant menacée qu’en ces temps (surveillance accrue des citoyens, musellement des voix dissonantes).

Il semble, du reste, que transmettre une histoire commune se révèle désormais difficile, sinon impossible. Une résistance peut être observée, le communautarisme ambiant conduisant à un repli sur des moeurs, des traditions, des rites. Quant au concept de laïcité, évoqué à l’excès ici et là comme solution à tous les problèmes, il n’est pas sans présenter des dangers. C’est ainsi que, par exemple, un ancien ministre (Vincent Peillon) proposait, dans un ouvrage, d’en faire la religion d’Etat.

Parlons clair : ce n’est pas en se coupant de ses racines profondes qu’un pays parvient à créer une unité mais, à l’inverse, en s’appuyant solidement sur son héritage. Son héritage, pour ce qui nous concerne, c’est l’esprit qui « inspire aussi bien le mouvement de Port Royal que l’Encyclopédie«  (André Breton).

Un pays enraciné qui transmet ses valeurs, sa culture et son histoire, bref son âme, est solide et fort ; un pays qui a abandonné son héritage et coupé ses racines est fragile et faible. Se réapproprier ce qui fut (et fit) notre force est une priorité.

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