De quelques formes de la liberté

De la liberté on peut avoir plusieurs conceptions, de même que plusieurs définitions peuvent lui être attribuées. Elle peut aussi prendre diverses formes et couvrir des domaines différents. Arrêtons-nous sur quatre de ses aspects.

Un temps que l’on soustrait au social pour notre propre compte. — En ces temps de pression sociale exacerbée, tant dans le domaine public que dans le domaine privé, prendre un peu de temps pour soi est, pour la plupart des individus, une nécessité, et pour certains hélas, un luxe qu’ils ne peuvent que difficilement s’accorder. Comment vire sans cette respiration ? Lire, se cultiver, oublier la télévision et les nouvelles technologies, un temps de décrochage s’impose, en effet, à tout individu qui aspire à l’émancipation et à la liberté intérieure.

Faire ce que l’on a envie de faire au moment où l’on a envie de le faire. — C’est un vrai privilège que de faire ce qui nous plaît à un moment que nous aurons librement choisi ; il ne nous est généralement accordé que le temps d’un long week-end, d’un congé conséquent ou de grandes vacances. Pourtant, quelle tranquillité, quel équilibre, cette liberté nous offre lors de tels moments ! Qui les connaît et les vit pleinement sent poindre un irremplaçable sentiment de sérénité — sérénité qui, du coup, cesse d’être un vain mot.

La liberté intérieure. — Elle nous permet de rester nous-mêmes et de garder notre intégrité morale et notre indépendance d’esprit, quelle que soit la situation. L’esclave-philosophe Epictète l’a illustrée par sa vie même ; moins éloigné de nous, Ernst Jünger en a donné un brillant exemple en créant le concept d’anarque (cf. son roman Eumeswill). L’anarque est cet homme qui ne se laisse interpeller par rien et ne prend rien au sérieux mais qui, « en enfant perdu, dans le no man’s land d’entre les lignes des marées, ouvre l’oeil et l’oreille ».

La liberté individuelle. — La liberté de pensée est un bien précieux. Elle n’a jamais été autant menacée qu’en ces temps où nous recevons l’injonction de « penser bien » (Voici comment il faut voir les choses, tenez vous-en à cela). Alors que ceux qui pensent dans l’air du temps se laissent, dans un confort ouaté, porter avec confiance par les vents dominants, que prennent garde ceux qui ne pensent pas « droit » ! Désignés à la vindicte des prescripteurs de la norme et de leurs soldats, les ennuis, pour eux, vont commencer !

Nous avons toujours à nous battre pour obtenir davantage de libertés.

 

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